Titus, une belle vie d’artiste !

Nous avons rencontré Titus Le Pèse-Nerf pour la première fois le 14 décembre 2020 au collège Rameau dans le cadre du projet Kaléidoscope. Puis, nous l’avons revu à plusieurs reprises. La première fois que nous l’avons rencontré, nous ne savions pas trop s’il était sympa ou pas, car sa tenue nous a surpris, il était habillé tout en noir. Très vite nous avons découvert quelqu’un de très drôle qui plaisante énormément. Pour ce premier atelier il nous a pris en photo sans notre masque afin de faire des portraits peints de nous. Le Vendredi 29 janvier 2021 il nous a montré les portraits qu’il a fait de nous, il a mis à peine un mois pour nous peindre. A cette occasion il a fallu trouver une phrase que l’on voulait mettre en avant sur un portrait d’un de nos correspondants. Enfin nous l’avons revu à Rameau le 23 février pour, cette fois-ci écrire nos phrases sur le portrait d’un de nos camarades.

On a profité de sa présence dans notre atelier « écriture d’articles » à la fin de cette journée pour lui poser quelques questions.

Pourquoi avoir choisi « Le pèse-nerf » comme nom d’artiste ?

Déjà pour rester anonyme, je ne voulais pas signer mes tableaux de mon nom. Ça ne m’intéresse pas, ce qui m’intéresse c’est de faire des œuvres et m’effacer derrière mon œuvre. « Le pèse-nerf » c’est aussi le titre d’un recueil de poèmes d’Antonin Arthaud que j’aime beaucoup.

Et si un jour vous vous lassez d’être peintre vous allez faire quoi ?

« Je crois que je ne vais jamais me lasser d’être peintre car pour moi être peintre ce n’est pas une profession – c’est devenu ma profession parce que c’est ça qui me permet de vivre si tu veux mais c’est pas une profession – je suis peintre, c’est une condition, je suis né comme ça. C’est comme dire à quelqu’un qui a les yeux bleus, « si un jour t’en as marre d’avoir les yeux bleus qu’est-ce que tu vas faire ? » bah je vais être emm… euh embêter, je vais mettre des lentilles vertes ou marrons mais ma nature c’est d’avoir les yeux bleus. Donc ma nature c’est d’être peintre. Mais bon si un jour je pouvais plus être peintre pour différentes raisons, je crois que j’essaierai de faire de l’art quand même, d’une autre façon. Je n’ai pas fait que de la peinture, j’ai fait de la sculpture, du théâtre… j’ai écrit, j’ai fait des études de philo, de théologie. Tout ça c’est dans le même parcours en fait. Je pourrai rebondir, faire autre chose, une autre forme d’art. mais ça restera toujours dans ce domaine-là, je ne deviendrai jamais gendarme ou avocat ou député, quelle horreur ! (Rires)

Est-ce que vous avez une formation classique de peintre ?

Je peins depuis que j’ai 6 ans, j’ai fait des études. Je suis allé en fac de philo, en fac de théologie. Une fois diplômé je suis parti en Angleterre avec des amis artistes et je me suis payé une école d’art. j’ai fait 5 ans d’école d’Art en Angleterre. Donc oui j’ai une formation classique mais c’est juste les bases. Moi je me suis considères comme un peintre contemporain, je ne fais pas du classique mais j’ai toutes les bases d’un peintre classique.

Où exposez-vous vos peintures ?

Je n’expose qu’aux États-Unis, dans une galerie à Pittsburgh en Pennsylvanie, la galerie s’appelle « Frechard Gallery » j’ai une expo qui a commencé le 18 février qui va durer jusqu’à fin mars et après je suis dans le catalogue permanent de la galerie. Quand le monde va redevenir un peu plus ouvert, après la crise sanitaire, je vais aussi travailler pour une galerie à Berlin et une autre galerie à Turin.

Titus a peint les portraits des 49 élèves participants au projet Kaléidoscope. Il a exécuté tous ces portraits en à peine un mois (dont une vingtaine en un seul week-end !) mais, à voir ces portraits quelque-chose interpelle, les visages ne sont pas complets.

Pourquoi faire des portraits coupés de nous ? Tu n’avais pas des toiles assez grandes ?

J’aimais le cadrage. Je trouve que ça fait cadrage cinématographique. C’était aussi parce que dans cette période tout le monde est masqué, on voit les yeux de tout le monde mais on ne voit pas leur bouche, leur parole et pour moi, la bouche, c’est la parole, c’est le Verbe, c’est le logos. C’est important. J’ai voulu centrer sur les yeux et sur la bouche pour rendre l’identité aux gamins, pour leur rendre la parole. »

Propos recueillis par Ousmane, Christophe, Manon & Antoine

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